Sur les lieux publics, les lieux de travail, dans les écoles, les lycées et les universités, le harcèlement sexuel bat son plein. C’est pourquoi un avant-projet de loi pour réprimer ce mauvais phénomène ainsi que la violence à l’égard des femmes est en cours d’élaboration…
« Cet avant-projet de loi est actuellement au stade de concertation avec les différents départements concernés à savoir la sûreté nationale, la gendarmerie royale, les ministères de la Justice et de la Santé ainsi que les ONG. Nous n’avons pas encore reçu l’avis des différents départements, mais nous sommes sur la bonne voie », souligne un responsable du ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité avant d’ajouter que « il y aura un amendement de certains articles du code et de procédure pénal à ce sujet ».
L’avant-projet englobe une série de mesures qui visent à pénaliser les violences contre les femmes. On y trouve des dispositions relatives à la définition, les formes ainsi que les lieux de violence.
« Ce sont souvent des personnes perverses qui n’ont aucun sentiment de culpabilité. Ils renvoient tout à la victime. Pour eux, c’est cette dernière qui les a provoquées et non pas le contraire. Autrement dit, ce sont des gens qui éprouvent du bien en faisant du mal à l’autre personne. Ils jouent sur le psychisme de la victime dans l’intention de la déstabiliser », telles sont les traits caractéristiques de l’auteur du harcèlement sexuel brossé par le sexologue Jamal Eddine Benjelloun Touimi. Il poursuit « dans la séduction, il y a en fait trois phases. Le garçon va dans un premier temps attirer l’attention de la jeune fille et ce par divers moyens. Ensuite, il y a l’échange des regards. Vient ensuite, la conversation qui est un élément primordial pour engager une relation. On ne peut pas séduire en étant agressif ». Pour ce sexologue, l’agressivité s’explique par un manque de confiance et d’assurance chez le harceleur. C’est une manière pour lui d’affirmer sa virilité. « La victime quant à elle est en double souffrance. Elle est incapable de se défendre et en plus elle doit subir le regard de la société qui la culpabilise », explique M. Benjelloun Touimi.
Mais comment se prémunir contre le harcèlement ?
Le tabou culturel aussi bien que la difficulté à apporter la preuve empêchent de lutter efficacement contre le fléau. C’est pourquoi M. Benjelloun Touimi voit qu’il est primordial de programmer au niveau des écoles une éducation à la sexualité afin de sensibiliser les jeunes aux conséquences néfastes de cet acte. Et d’ajouter qu’il faut lutter contre le phénomène de la pornographie qui réduit la femme à un simple objet sexuel, chose qui anime chez l’adolescent un sentiment d’agressivité envers la femme.
